Leçon numéro 1
Elle a été longue et j'étais tout seul dans la salle quand elle est revenue. Elle avait encore sa tenue de sport. Je ne savais pas ce qu'elle me voulait et je n'étais pas sur mes gardes. Elle m'a attrapé par le col, elle a posé son pied sur ma poitrine en basculant en arrière et, tandis qu'elle roulait sur le dos, elle m'a projeté en l'air.
" Leçon numéro un, a-t-elle scandé tandis que je m'écrasais à quelque mètres de là sur le tatami, la planchette japonaise ! ".
Je restais par terre et j'essayais de reprendre mes esprits.
" Tu rampes ? " ironisa-t-elle.
Elle vint se planter devant moi. Je redressai la tête afin de regarder ses orteils, mais elle posa le pied sur mon crâne pour m'écraser la face contre le tapis.
" Alors, siffla-t-elle, tu trouves toujours ça drôle ? "
Je compris qu'elle avait bel et bien cru que je faisais le malin tout à l'heure : elle avait dû s'imaginer que j'essayais ainsi de sauver la face. Et elle voulait faire tomber le masque dont elle pensait que je m'étais affublé. En d'autres termes : j'allais encore prendre des coups !
Elle a tourné autour de moi tranquillement, en me lançant quelques petites frappes avec le pied. Puis elle est revenue tout près de ma tête. Je pouvais à nouveau contempler ses orteils.
" Relève-toi ".
Avec lenteur, j'ai mis mes paumes à plat sur le sol et je me suis mis à genoux. J'ai courbé la nuque en arrière pour la voir. On s'est regardé pendant quelques secondes. Puis elle a levé la cuisse et elle a posé le pied sur ma face, sans précipitation : j'aurais pu l'éviter si je m'en étais donné la peine ou si j'avais été moins fatigué par ce qu'elle m'avait déjà fait subir. Elle a appuyé et je suis tombé encore :
" Tu ne veux pas te remettre debout ? Alors reste par terre. "
Je demeurais donc allongé, non seulement pour lui obéir, non seulement pour me sentir dévalorisé et humilié, mais aussi parce que c'était plus facile.
" Tu restes à terre et tu rampes, a-t-elle ajouté, je veux te voir faire le tour complet de la salle à plat ventre. "
J'avais la tête dans le coton et je n'ai pas réagi assez vite à son goût : elle m'a balancé quelques petits coups de pieds dans les jambes, les fesses et les côtes pour me rappeler à l'ordre.
" Aller vermine, rampe, rampe ! "
Je me traînais donc comme elle le voulait, en prenant garde d'avancer en restant bien écrasé sur le sol. Elle me suivait en répétant :
" Rampe, chien. Rampe, minable. Rampe, pourriture. Rampe, imbécile, crétin, rampe, rampe ! "
Elle marchait autour de moi et continuait à me battre légèrement avec ses pieds. Elle m'enjambait dans un sens puis dans l'autre. Parfois, elle me marchait sur le dos. Elle me giflait aussi avec son pied. J'étais essoufflé et en nage. J'avais mal fait le nœud de ma ceinture blanche et il s'est défait. Quelques minutes plus tard, c'est mon pantalon qui a commencé à glisser en s'accrochant sur le tapis. Il est descendu jusqu'à mes chevilles. J'étais rouge de honte.